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Premier pas dans la vaste demeure du projet Sophocle machina memorialis.
L’ opus N°1 est un opus de premier novembre.
«Et du Minuit demeure la présence en la vision d’une chambre du temps où le mystérieux ameublement arrête un vague frémissement de pensée lumineuse, brisure du retour…»
Mallarmé Igitur
« C’est ta chambre pourtant. Puisque c’est d’où tu pars. »
« Et voilà qu’aujourd’hui je sens à nouveau cette chute
Au profond du lit ancien d’une pierre et très loin ». Aragon
Il faudra donc imaginer qu’Œdipe est un lieu et que ce lieu est une chambre. Une chambre d’échos, un premier de novembre, échos d’enfance, « chambre de la fièvre », échos d’avant l’enfance, « chambre depuis la grotte », une chambre de passe, une chambre de sommeil, une chambre de meubles renversés. Te souviens-tu la chambre du crime, jaune peut-être, fermée de l’intérieur dans un pavillon-laboratoire où un vieux professeur et sa fille travaillent à la dissociation de la matière. Une chambre donc faîte du mystère de la disparition de toutes les autres chambres, une chambre impénétrable où «… l’examen des murs et même leur démolition ne viennent révéler aucun passage praticable, non seulement par un être humain, mais encore pour un être quel qu’il soit ».
Question: comment entrer là où nous nous trouvons depuis toujours? A quatre pattes le matin, à deux le midi et à trois le soir, chantonne la Sphinge siliconée, une prothèse orthopédique oubliée sur la descente de lit. Autre question : De quoi l’homme est-il éternellement orphelin? Réponse: du pied gauche de la rue Oberkampf. Le crime est si ancien que plus rien ne subsiste que ses conséquences perpétuelles. Et tout porte à croire que le secret ne sera jamais résolu car nous serions finalement aux deux bouts du processus, criminels et victimes confondus. Depuis combien de temps aurions-nous renoncé à la possibilité d’avoir un alibi ?