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Quand la pièce commence, les jeux sont faits, mais personne ne le sait encore.
Œdipe a interrogé l'oracle, quitté ses parents, tué un voyageur, répondu au sphinx, épousé la reine.
Il a vécu "au hasard" et tout lui a réussi.
Les cadavres soigneusement rangés dans les placards, les choses seraient en ordre s'il n'y avait pas la peste qui témoigne "d'une souillure nourrie du sol".
Quand Tirésias, le vieillard aveugle qui connaît le sort des hommes, se met à parler, le monde se fêle en une grande césure. L'enquête va révéler la faute monstrueuse du héros et son abandon par les dieux.
La tragédie de Sophocle était pour Aristophane l'archétype de la tragédie, son héros étant celui qui attirait à la fois le plus d'horreur et le plus de compassion.
L'effet tragique, l'effet de catharsis était ainsi porté à son point le plus ultime. Dans la traduction libre et inspirée qu'Hölderlin a donné de la pièce de Sophocle, le héros se constitue, par son ton et ses postures, plus en tyran qu'en roi ; ainsi surgit un nouvel Œdipe.